mardi 4 décembre 2007

Biedermeier, au bonheur des dames


Ma grand mère aimait les tissus imprimés, les papiers peints chargés, les gravures, l'argenterie et les meubles Empire.
Je ne vois pas qui d'autre aurait pris plaisir à m'accompagner à la toute petite exposition Biedermeier qui se tient
actuellement au musée du Louvre.

Cette distraction pour mamies accros aux arts déco n'est qu'une partie d'une expo américaine bien plus grande. On en fait le tour en 20 mn. Et encore, à condition de s'arrêter devant chaque pièce ! Je soupçonne les responsables du Louvre d'avoir volontairement choisi une salle aux dimensions réduites pour ne pas fatiguer le public visé...


Ce qu'on y voit est chichiteux, suranné, ostensiblement bourgeois, mais délicieux.

Peu après l'entrée (de toute façon c'est tellement étriqué qu'il n'y a absolument aucun moyen de se perdre : j'ai bien vu des papys qui tentaient de semer leur moitié, mais comme le parcours forme un tout petit cercle, ils se sont tous fait choper, hi hi hi !) sont exposés des dessins de tissus peints à la gouache ; j'aurais passé des heures à regarder ces épreuves réalisées avec tant de soin, à l'heure où l'on ne pouvait pas compter sur l'ordinateur pour répéter les motifs et les aligner sans erreur !

Viennent ensuite des aquarelles de décorateurs. L'aquarelle, c'est la technique de dessin qui m'émeut le plus. Les explications du Louvre précisent que le mouvement Biedermier est né à Vienne, à une époque (1815) où tout regroupement à l'extérieur était suspect : les habitants de la ville étaient donc invités à profiter de leurs appartements et, tant qu'à y passer des heures, à les décorer avec soin. Le résultat ? Des murs et des meubles ultra chargés, avec des motifs très peu discrets et des panachés de couleurs à la limite du supportable... Même Valérie Damidot aurait été choquée ! Mais si la déco laisse à désirer, les aquarelles en perspective qui reproduisent dans le détail ces salons désuets sont absolument charmantes.

Je passe sur le mobilier, dont je n'ai pas apprécié toutes les formes mais dont j'ai admiré les couleurs (rhhhhaaa, ce canapé "orange Hermès", et cette méridienne vert pomme !). Quand les historiens d'art s'accordent à dire que Biedermeier, c'est le début de la simplicité, je rigole ! Certes, il n'y a pas de marqueterie ni d'ornement baroque sur les meubles, mais on est encore à des années lumière du minimalisme !

La fin de l'expo est toute aussi craquante que le début : on y voit des gravures de fleurs si fines qu'il faudrait une loupe pour en observer tous les détails, des couverts à la forme tellement épurée qu'on les croirait sortis du catalogue Ikéa 2007, et des verres gravés de poissons et de papillons que j'aurais volontiers rapportés dans ma cuisine.

J'aurais bien voulu en savoir plus sur ce mouvement qui annonce le début du design (dans les formes seulement, parce que tous les objets de l'époque étaient des pièces uniques, fabriquées par des artisans) : mais à 35 euros le catalogue, j'ai renoncé. Je crois que les mamies qui visitaient l'expo ce jour-là en ont fait autant. Au moins, j'ai appris qui était Biedermeier (un personnage imaginaire et non pas un designer, comme je le pensais) et désormais, je sais même écrire ce mot imprononçable sans faire de faute !

4 commentaires:

sarah léa a dit…

Ha ça c'est une bonne idée pour ma grand mère aussi (bon même si je l'avoue, je suis bien contente de l'accompagner dans ce genre d'expo)


Bises ^^

modelshop a dit…

@sarah léa : alors comme ça toi aussi tu as la chance d'avoir une chouette grand mère ?

nvmei@villa-medicis.fr a dit…

Sympa ton blog ... tu peux m'en dire plus sur le choix de ce titre "modelshop" ? Merci

modelshop a dit…

@nvmei : merci pour le compliment ! Model-shop, c'est un joli nom pour un blog, non ? C'est aussi le titre d'un film de Jacques Demy, un cinéaste dont j'aime bien l'univers, à la fois poétique et un peu déjanté...