samedi 20 septembre 2008

Supercalifragilisticexpialidocious

Donc, je travaille. Je sais, j'avais dit que je ne reviendrais pas avant octobre, mais j'ai craqué. J'ai pourtant le cerveau en compote. Tous mes neurones sont carbonisés. Tous, sauf un : celui qui assure la connexion cerveau-chaussures.

Je veux des bottines.


Avec des lacets et des petits talons. Le genre Mary Poppins, quoi.

J'en ai repéré une paire mÂÂÂgnifique, chez Repetto (celles du dessin). Mais comme j'ai aussi besoin de mocassins, de bottes, de low boots, de sandales hivernales et de millions d'autres paires de chaussures dans les 15 jours qui viennent, je ne peux pas craquer pour ces trésors vendus au prix de la semaine en hôtel Relais & Châteaux aux Seychelles.

Alors j'essaie d'oublier mes bottillons de domestique british ambiance XVIIIème (j'essaie d'oublier les Seychelles aussi, tant que j'y suis). Cet été, j'ai pourtant cru que j'allais pouvoir me les payer. Alors que j'accompagnais une fashionista en détresse partie noyer son angoisse chez H&M, j'ai vu des bottines lacées chez le Suédois. Noires, avec un petit talon carré, simplement parfaites. Je les ai repérés... sur les pieds d'un mannequin en plastique placé au-dessus d'une table garnie de pulls et d'écharpes.

« Holà, manant ! me suis-je égosillée à l'attention d'un jeune vendeur, pouvez-vous m'indiquer le rayon où je puis acquérir ces délicats bottillons ? ».


« Pas du tout, m'a t'il répondu. Ces chaussures ne sont pas à vendre. Elles sont uniquement destinées aux mannequins. Nous ne les avons pas en rayon et d'ailleurs, nous ne les recevrons jamais ». Décontenancée, j'ai bafouillé une suite de « mé...mé...mé, mé alors... mes bottillons à pas cher... j'les aurais jamais... ». J'avais la larme à l'oeil, le mascara en sucette et la colonne vertébrale dangereusement recourbée. Devant ma détresse, le jeune homme s'est empressé de m'expliquer : « De toute façon, même si je vous les donnais, vous ne pourriez rien en faire, elles ont un trou au milieu de la semelle qui les fait adhérer au mannequin».

Je suis sortie du magasin. Dépitée. J'ai pas osé les demander, ni les voler. Mais je suis certaine que même avec un trou au milieu de la semelle, j'aurais pu les porter.

dimanche 31 août 2008

Allez hop, au boulot !



Ouhouh, c'est Modelshop, je suis rentrée !

Mais je ne fais que passer. Dès lundi, je commence un travail qui va mobiliser la totalité de mes neurones pendant un mois. En septembre, je n'aurais ni le temps, ni l'énergie de faire le moindre dessin.
Je vous donne donc rendez-vous début octobre (si je ne craque pas avant). Je serai exténuée, mais j'aurai certainement des tas de nouvelles bêtises à vous raconter.

A bientôt !

lundi 4 août 2008

Un petit tag et puis s'en va

Aie Aie Aie, ma copine Margot et la charmante Charlotte m'ont taguée !

Voici les consignes:

1. Il faut obligatoirement avoir un blog pour participer.2. Les trois premières personnes à laisser un commentaire à ce message recevront un cadeau fait maison de ma part, dans les 365 jours à venir.
3. Elles s'engagent en retour à faire de même sur leur blog. C'est à dire, recopier tout ceci, ainsi que le petit questionnaire, et envoyer en retour quelque chose aux trois premiers commentaires. 4. Je ne sais pas. Il n'y en a pas !


Il y a 10 ans

Je m'apprêtais à déménager du 19ème au 10ème arrondissement de Paris (ma vie est passionnante, je sais). Depuis, je suis passée par le 18ème et repartie dans le 10ème. Je ne sais pas combien de fois j'ai déménagé dans ma vie, mais ce que je sais, c'est que ce n'est pas fini : d'une part parce que mon loyer est tellement élevé qu'à chaque fois que je reçois mes quittances, j'hésite entre me jeter dans le canal Saint Martin et dénoncer mon proprio au Tribunal Pénal International de la Haye ; d'autre part parce que je suis atteinte de déménagite aiguë.


5 endroits où j'ai vécu

Saint Barth, San Francisco, Tokyo, New York et Stockholm. Ben quoi ? C'est quand même plus glamour que : Paris 5ème, Paris 11ème, Paris 19ème, Paris 10ème, Paris 18ème, non ?


3 plats que j'adore

Des tartines de pain frais recouvertes de Nutella avec un mug de café noir et un jus d'oranges au petit déjeuner. Surtout quand je me lève et qu'il me suffit de soulever un quart de paupière pour admirer tout ça posé sur la table après avoir été préparé avec amouououour !

Le steak tartare (ou l'entrecôte bleue, enfin la viande rouge pas cuite, quoi). Je n'en mange presque jamais mais j'adore ça, j'ai dû être un lion dans une vie antérieure.

Les Oréo au chocolat noir fourré vanille. Comment ça, c'est pas un plat ? Vous n'avez jamais vu une fille s'empiffrer d'Oréo devant sa TV au lieu de se préparer un vrai dîner ?


5 choses que j'ai faites aujourd'hui

1 - Dès le réveil, j'ai demandé à mon compagnon d'infortune : "On regarde L'année dernière à Marienbad ce soir, hein ?" (un film étrange d'Alain Resnais avec Delphine Seyrig) ; 2 - Vers 14h, à l'heure de la sieste, alors que ma proie piquait du nez j'ai récidivé : "Ce soir, si on n'a rien à faire, on peut peut-être regarder L'année dernière à Marienbad, non ?" (notez bien, je ne suis pas lourde du tout dans mon genre !) 3- A 19h, j'ai révisé le chapitre "L'année dernière à Marienbad" dans Le Cinéma des Années 60, un Taschen emprunté à la bibliothèque. J'ai appris que le décorateur avait peint les ombres des personnages sur le sol, pour plus de noirceur. 4 - A 22 h, j'ai regardé "L'année dernière à Marienbad" avec mon très compréhensif compagnon d'infortune. 5 - A minuit, devant un miroir, j'ai tenté de me faire la même coiffure que Delphine Seyrig dans le film et j'ai songé à filer chez le coiffeur. Pas de chance, à 00h15, il était fermé.



Ce que je ferais si j'étais riche

J'achèterais un logement décent. Avec le minimum vital : un dressing grand comme mon appart actuel, un piscine intérieure de 50 m de long, une serre pour faire pousser des fleurs et du basilic, et une terrasse ou un jardin. Ah, pis le personnel pour gérer tout ça, hein, parce que le ménage et l'intendance, c'est pas mon truc !

Et puis je voyagerais avec des compagnies aériennes décentes qui n'utilisent pas des hangars implantés à 100 km de la ville la plus proche en guise d'aéroport.

Et puis j'achèterais des chaussures. "J'investirais" dans des modèles super-fins et supra-chic au cuir souple comme de la peau de dauphin et doux comme un dessous de ventre de lapin !


Voilà, je ne tague personne en retour, car Modelshop ferme le rideau pour quelque temps. Je vais cesser de dessiner, d'écrire, de réfléchir, et de pester contre blogger pendant au moins deux semaines ! Peut-être trois, ça dépendra de mon courage. Parasolez bien, ronflez aussi fort et longtemps que vous le pouvez, gavez-vous de spécialités locales en tout genre, surfez mais pour de vrai et surtout, revenez-vite, vous allez tellement me manquer !!!

jeudi 31 juillet 2008

Vide-dressing

Je vous saoule avec mes histoires de vide-greniers, hein ? J'ai bien conscience que le côté répétitif de mes exploits de "sauveuse de vaisselle et de meubles en voie de disparition" fait courir à ce blog un danger de désertion imminente.


Donc, aujourd'hui, on ne causera pas quincaillerie ensemble (dommage, j'ai récupéré, au cours de mon dernier vide-greniers, des tasses à thé 70's magnifiques, très Joe Colombo, ainsi qu'une superbe table 50's, de forme "haricot"... dont je ne vous parlerai pas. Non non, pas la peine d'insister, même pas en dessin ! Savez pas ce que vous perdez, mais bon...).

Aujourd'hui, causons chiffons !

Avant, dans les vide-greniers (promis, pas de meubles !), je ne jetais même pas un oeil sur les vêtements vendus par les particuliers. Parce qu'une robe 1998 de chez Kiabi, même à 2 euros, même propre, non merci ! Mais depuis un mois, je suis à la recherche du sac d'été parfait. Et je me dis qu'avec un peu de chance, une mamie pourrait se débarrasser, sur un coup de tête, d'une pochette de bal en perles, d'une besace de travail en cuir naturel ou d'un sac réalisé avec amour par une reine du crochet...

Je me suis donc enfin décidée à regarder les portants garnis de survêt' et de robes à volants qui peuplent les vide-greniers.
Côté sac, je n'ai absolument rien trouvé. Je n'ai vu que du plastique, du plastique et du plastique. Abîmé, dans des couleurs... moches.
Mais j'ai récupéré une robe en coton blanc, toute simple, avec des broderies sur l'empiècement près du col. Après un passage à la javel, elle est comme neuve. Parfaite avec ma ceinture cloutée et une de mes 12000 paires de sandales. Son prix ? 2 euros.
Et comme le montre mon dessin, j'ai aussi déniché une minijupe très 70's "Ted Lapidus" (mais qui se souvient encore de Ted Lapidus ?). Jaune pâle, je la mettrais avec mon T-shirt gris à manches chauve souris, ma blouse blanche, ma blouse taupe... Son prix m'amuse encore plus que celui de ma robe blanche : 1 euro.

Elle sont pas belles, mes histoires de vide-greniers ?

lundi 28 juillet 2008

Rock'n clean

Un festival de rock, c'est l'occasion d'écouter ses groupes préférés en live, à donf, en plein air et en compagnie de milliers d'inconnus en sueur qui gigotent, hurlent et rotent en choeur. Que du bonheur !


C'est aussi l'occasion de déguster de délicats mélanges merguez-frites-moutarde qui ne se contentent pas d'embaumer l'air et les doigts mais, faute d'une cuisson suffisante, vous retournent l'estomac longtemps après la fin des concerts. Et comme le rock appelle la bière, c'est un amoncellement de canettes, gobelets et papiers gras sur une pelouse qui, à force d'être piétinée, finit dans un état aussi désolé que le crâne de Brice Hortefeux.

Ce sont aussi de magnifiques rangées de toilettes chimiques d'où les filles ressortent généralement plus mal en point que lorsqu'elles y sont entrées (je vous épargne la description des lieux afin de maintenir le niveau de distinction qui règne sur ce blog, vous me comprendrez!). Ce sont enfin des cohortes de festivaliers ivres-morts qui regagnent en voiture leur camping situé à 50 km, sans l'ombre d'une hésitation "Puisque 'tain, j'te dis que j'me sens grave en forme, 'tain fais pas chier !" (gloups, le niveau de distinction dans lequel je tente de maintenir ce blog a du plomb dans le html !).


Mais cette ambiance rock & cracra tend à disparaître. Parce qu'aujourd'hui, la tendance est aux festivals écolos et/ou responsables.

Dans un festival de rock écolo et/ou responsable, les merguez et les saucisses ne sont ni mieux, ni plus cuites qu'ailleurs. Mais elles sont "issues de l'agriculture biologique".

Dans un festival de rock écolo et/ou responsable, pas un papier ne jonche le sol plus de 5 mn : une armée d'infatiguables ramasseurs se charge de les faire disparaître. On ne voit d'ailleurs ni canettes ni bouteilles dans l'herbe : pour picoler, les festivaliers doivent acheter un gobelet consigné et le présenter au bar. Là, après une heure de queue dans la chaleur et la poussière (de ce côté là, l'écologie n'a apporté aucun progrès, hélas), ils feront remplir leur verre avec de la bière, du coca ou toute autre boisson proposée à un tarif honteusement élevé (là non plus rien n'a changé !). De toute façon, aucune bagarre n'aura lieu : des armées de "médiateurs" (à ne pas confondre avec les armées de "ramasseurs",pareillement vêtus mais moins baraqués) passent dans la foule vérifier que l'ambiance reste au beau fixe.

Côté "lieux d'aisance", un festival écolo se doit d'avoir des toilettes sèches. Dans ce genre de cabine new-age, pas de chasse d'eau ni de broyeur : chacun recouvre d'un gobelet de sciure ce qu'il est venu y déposer, chassant ainsi les odeurs et permettant à l'ensemble de "retourner à la terre sous forme d'engrais naturel".

Enfin, un festival "rock mais responsable" ne saurait se passer d'une distribution gratuite d'éthylotests à l'entrée des parkings, incitant les plus imbibés à se demander si une petite sieste sur le siège arrière ne serait pas recommandée avant de rentrer ronfler grassement sous la tente.

Même s'il reste bruyant et festif, le festival écolo et/ou responsable est donc bien plus propre et plus sage qu'un festival de rock traditionnel. Moins roots, moins rebelle.

Bah, tant qu'ils ne filtrent pas les amateurs de gros son en sueur qui gigotent, hurlent et rotent en choeur, moi ça me va !

jeudi 24 juillet 2008

Tics d'été

Chaque été, à Paris ou à Bordeaux, en vacances ou au boulot, je change de rituels. J'adopte de nouvelles manies que je ne n'apprécie qu'au delà d'une certaine température. Comme pour me persuader que l'été est là et qu'il faut le savourer avant le retour du froid, de la nuit à 17h, des tisanes de survie et des Damarts triple épaisseur.


Par exemple, en été, je bois du vin rosé. Du pas cher, du "qui pique". Le reste de l'année, je trouve ça infect mais quand il fait chaud, j'adore me "rafraîchir" avec ce breuvage si joli à regarder. Après un verre, je raconte des bêtises et le monde me parait lui aussi bien plus joli à regarder !


L'été, je peins et je repeins inlassablement mes ongles de pieds. Au moindre choc, hop ! un coup de vernis et les voilà rouges, rutilants, prêts à fouler l'herbe, le sable, la terre, le chlore et le carrelage rafraîchissant avec classe et distinction.

En été, je ne porte jamais de noir. Parce que.


L'été, je mange des Princes. Oui oui, je parle bien des biscuits moches et ronds fourrés au chocolat ! Avec un prince sur l'emballage. Un prince à l'air tellement crétin qu'il n'a certainement jamais combattu le moindre dragon. Je le trouve d'ailleurs moyennement viril, le membre royal en question ; je me demande si... Bref, j'adore ces biscuits, surtout après la baignade, quand il ont le goût et le croquant... des grains de sable ! Un Prince au sable, y a rien de meilleur. Mais bon, un Prince de ville après la piscine, au bon goût de chlore et de CO 2, ça n'est pas non plus totalement dénué de charme...


En été, je porte des bracelets achetés à des artisans ultra-cool et bien trop bronzés sur les marchés. En cuir, en ficelle, en tentacule de méduse, en poil de baleine... Je les porte jour et nuit, pour dormir, travailler, me baigner... jusqu'à ce que, terrassés par l'usure, ils tombent en poussière. Chaque automne, je garde précieusement ceux qui ont survécu à mes rocambolesques aventures estivales ; et je les remets dès le mois de juillet de l'année suivante. Comme ça, dès que j'ai un coup de blues dans le métro, je pense au verre de rosé qui m'attend à l'heure de l'apéro, à la séance de vernis qui va faire rugir mes pieds de plaisir, à la robe couleur sorbet mandarine que je porterai au premier rayon de soleil et à tous ces gentils princes dont je ne ferai bientôt qu'une bouchée.

dimanche 20 juillet 2008

J'ai osé ressusciter l'osier

Épisode 1 (il y a trois semaines)
Mon chéri me demande : "J'ai repéré un porte-revues 50's dans le local des poubelles, en rotin avec des pieds en fer. Ça t'intéresse ?"

Je fais la moue. Le rotin, c'est le truc que je transformais en corbeille à pain immonde quand j'avais 10 ans, à l'atelier Vannerie. Sceptique sur le côté "design" de l'objet, je descends quand même jeter un coup d'oeil. J'ouvre la porte du local et j'écarquille les yeux, le souffle coupé (ça semble dangereux à première vue mais finalement, dans le local "Poubelles", c'est plutôt une bonne chose de garder le nez et la bouche totalement clos) : c'est le coup de foudre. Ce porte-revues semble sortir d'un roman de Sagan, d'un film de Vadim ou du gigantesque chalet de famille pyrénéen 50's de ma copine de lycée. Je l'emporte, le décape, l'installe confortablement sur la moquette et lui confie mes magazines, tout en veillant à ce personne ne le maltraite (il n'est pas à l'abri d'un coup de pied mal placé, pauvre chou).


Épisode 2 (il y a deux semaines)

Dans un vide-grenier pas drôle et très cher, sous 40 degrés, je repère un petit miroir rond 50's, entouré de rotin. Le compagnon idéal de mon porte-revues ! Coup de chance : c'est sans doute le seul objet de la brocante vendu moins de 10 euros. Pour 50 centimes, il est à moi. Trente minutes plus tard, je l'accroche au mur du salon pour qu'il puisse discuter torsion de l'osier avec son nouveau pote, le porte-revue-tout-de-rotin-vêtu.


Episode 3 (il y a trois jours)

Mon chéri me demande : "J'ai vu un lampadaire dans le local des poubelles, en fer, tout simple, sans abat-jour. Ça t'intéresse ?"
Je fais la moue. Mais comme nous manquons d'éclairage et que ce local renferme souvent des trésors, je descends affronter l'odeur de rat mort et de chou pourri. Le pied de lampe est là, il m'attend. Je l'emporte, le décape, le fait briller et j'ouvre le catalogue Ikea pour lui trouver un couvre-chef ni trop cher, ni trop naze. Et là, je pousse un cri : chez Ikéa, ils viennent de sortir une gamme d'abat-jour en rotin, plus 50's tu meurs !


Épilogue

Depuis que je vis avec mon ensemble en rotin, c'est le bonheur. Je me prends pour une héroïne de Sagan mariée à Vadim et dès que le thermomètre dépasse les 25 degrés, je rêve d'une petite descente dans la poudreuse. En fuseau et en sweater sous un anorak, ça va de soi.

jeudi 17 juillet 2008

Des jeans très Couture

Un jean, ça doit être parfait. Ni trop serré ni trop flottant, étroit mais pas trop, surtout sans chichis ni délavage élégamment positionné à l'entrejambe. Ça doit aussi faire de belle fesses mais ça, pas besoin de le préciser sinon on serait toutes en baggy (ma mère serait horrifiée, J.Lo au bord du suicide et la vie bien plus cool!)

Quand je me lie d'amour avec un jean, je ne le quitte plus. Mais avant d'en arriver au stade de la passion intense, j'ai du boulot. Comme mon budget ne me permet pas d'acheter des jeans au tombé parfait et au prix équivalent à celui d'un mois de vacances à Tokyo, je me rabats sur des modèles moins cher que je modifie avec mes doigts de fée.


Je commence par enlever les fleurs brodées et les fils d'or ou d'argent qui défigurent souvent les poches arrière. Deux coups de ciseaux et hop ! mon jean reprend une allure digne. Après, je passe à la phase "grands travaux". Pour obtenir la bonne longueur, hors de question de me contenter d'un simple revers (qui de toute façon ne tiendra pas). Je pique, moâ ! Je coupe, je repasse mon ourlet, je l'épingle et je couds le tout avec la machine de ma grand mère (un vieux modèle tout déglingué qui m'oblige à faire mes canettes à la main et n'utiliser que de grosses bobines). Bon, évidement, ça ne se passe jamais comme sur des roulettes : le tissu se froisse, le fil se casse, ma canette est vide après le troisième point, j'explose mes aiguilles, je dis des tas de gros mots... mais après une dizaine d'essais, le résultat est impec' !


Souvent, j'effectue la même opération pour resserrer les jambes. Le boulot se montre un poil plus long et délicat, car j'auto-exige une finition "zéro démarcation". C'est un vrai chantier, c'est du lourd. Car je "bâtis". Et même avec cette préparation, je m'y reprends généralement à 3 fois. Mais le résultat en vaut la peine. Et puis ça m'évite de racheter un modèle quand la mode passe du straight au slim (évidement, quand la tendance s'inverse, je suis mal).

Je ne suis pas la seule à étroitiser mes jambes de jeans. Je me souviens d'avoir lu, dans un Glamour des années 80, qu'une jeune mannequin de 20 ans "reprenait" elle aussi tous ses jeans qu'elle ne trouvait jamais assez "moulants" à son goût : elle sortait alors avec "un membre du groupe Téléphone" et ne s'appelait que Bruni, pas encore Sarkozy.

lundi 14 juillet 2008

In love with Avedon

Quand j'étais jeune et insouciante (ouf, rien n'a changé !), je ne comprenais rien de rien à la photo. Ça ne me touchait pas. Je trouvais le résultat trop froid, trop dépendant d'histoires de réglages, d'appareils, d'objectifs... Rien à voir avec la peinture, le dessin, la sculpture : Ça au moins c'était de l'art !

Et puis un jour, j'ai vu une exposition de Richard Avedon dans un musée à l'étranger. J'étais là par hasard, je ne savais pas même pas qui était Avedon ! Quand j'ai découvert ses portraits d'1m x 1m en N&B sur fond blanc, j'ai pleuré. Il y avait tant de beauté et d'humanité dans ses clichés que je me suis laissée submergée par l'émotion (bon, par la fatigue aussi, j'étais crevée et quand je suis épuisée je me transforme en fontaine vivante bloquée sur la position "débit maximum" pour un rien).


Ce jour là, j'ai compris pourquoi la photographie était un art. A travers ses portraits tellement détaillés qu'on peut compter chaque pore de la peau de ses sujets, et tellement beaux qu'ils subliment non seulement les traits mais aussi la dignité des gens, Avedon me faisait ressentir ce que j'éprouvais devant les toiles des grands maîtres de la peinture flamande ou italienne. Après cette expo, j'ai découvert plein d'autres photographes très différents et bourrés de talent. Merci Richard.


Et puis hier, j'ai voulu vérifier que la magie fonctionnait encore. Je me suis rendue au musée du Jeu de Paume, où mon photographe chouchou est exposé. A l'entrée, trois photos résument son travail : un auto-portrait, une prise de vue d'un mannequin qui se la pète devant un chameau sur fond de pyramides, et un portrait de Samuel Beckett. Un portrait fascinant : j'ai bien cru que l'écrivain allait sortir de sa photo tellement il semblait vivant ! Ça n'a pas loupé (j'étais crevée par une nuit sans sommeil et une matinée de boulot stressante, mais quand-même) : anéantie à la fois par la réalité saisissante et la beauté du vieux monsieur, j'ai pleuré,
une fois encore.


PS : L'expo propose aussi des photos de mode réalisées à Paris dans les 50's. Les mannequins courent, sautent, dansent... et prennent exactement le genre de position que je mets des heures à trouver pour illustrer mon blog ! Comme le prouve mon dessin, entièrement pompé sur une photo du top Verushka shootée par Avedon en 1967.
PS 2 : Pour des informations plus sérieuses que mon baratin perso,
cliquez-là, chez Catherine. Pour des détails pratiques sur l'exposition (horaires, tarifs et tout ça), cliquez-là, c'est le site du Jeu de Paume. Et si vous vous rendez à l'expo, je vous recommande la projection du passionnant documentaire sur le travail d'Avedon, diffusé au sous-sol du musée.

jeudi 10 juillet 2008

Ma bague de broc

Le week-end dernier, c'était "brocante chic" dans mon quartier parisien.

Petit rappel sur la différence entre une brocante et un vide-grenier, pour ceux et celles qui, contrairement à moi, font autre chose le week-end que farfouiller dans des tas de vieilleries immondes à l'odeur repoussante, dans l'espoir de trouver des trésors :
- Un vide grenier, c'est un rassemblement de plus de 60 ans et de moins de 12 ans généralement sympathiques, qui se débarrassent de ce qui les encombre pour des prix dérisoires, disons de 50 centimes à 50 euros ;

- Une brocante, c'est un rassemblement de vendeurs professionnels plus ou moins voleurs qui vous observent avec dédain de la tête au pied avant d'essayer de vous refourguer à prix d'or, disons de 50 à 500 euros, des objets qu'on achète pour presque rien dans les vide-greniers.

Mais l'intérêt des brocantes, c'est qu'on n'a pas besoin de fureter des heures pour trouver de belles pièces (à condition de choisir sa brocante hein, samedi dernier chez moi c'était design, mais parfois c'est Louis XV et là c'est plus du tout mon rayon). Généralement, les brocanteurs n'exposent que du beau, à peu près en bon état. Du beau qu'ils vendent cher. Très cher. Donc je regarde, sans toucher pour m'ôter toute envie d'acheter, et sans demander les prix pour éviter la syncope.


Si ni les meubles, ni les livres, ni les bibelots anciens ne vous intéressent, le bon plan dans les brocantes, c'est de mater les bijoux. Les bijoux, c'est comme les vêtements : chaque époque est marquée par un style différent au niveau des matières, des pierres, des formes, de la taille des pièces... Évidemment, on trouve d'énormes baguouses de tenancière de harem en or serties d'opales à 140 euros ("je vous fais 20%, je vous fournis le certificat d'authenticité et je vous la garantie deux ans chère madaaaame !"), mais aussi des pièces bien plus abordables. J'adore celle que j'ai dénichée samedi dernier : les pierres ne valent rien mais l'anneau est en argent et j'aime beaucoup le motif, très "début de siècle" (j'ai hésité avant de la prendre, le vendeur proposait de nombreux modèles tous plus ravissants les uns que les autres). Valeur du trésor : 10 euros. A ce prix là, j'ai même eu droit à un conseil : il parait que pour faire briller les bagues en argent, il faut les faire tremper dans un mélange d'eau bouillante avec un peu de liquide vaisselle ; si c'est une bague ancienne, les pierres qui sont serties et non pas collées tiendront le choc. Parce qu'une bague ancienne, non seulement c'est beau, mais c'est pas de la camelote !

dimanche 6 juillet 2008

Le bandeau tombe à l'eau

Raté ! J'étais pourtant super fière de mon idée : j'avais trouvé le moyen de gagner 10 ans sur la plage sans dépenser la totalité de mon budget Gaufres d'été. L'idée du siècle : je comptais m'offrir un maillot bandeau uni. Tout simple, pas cher, celui qu'on trouve partout.

J'ai donc arpenté plusieurs fashion spots à la recherche de mon trésor de guerre : H&M, Zara, Monoprix, Etam, La Redoute, Princesse Tam Tam... et je n'ai rien trouvé. La plupart de leurs maillots bandeaux sont ornés de magnifiques motifs (les ramages façon rideau de Tatie Paulette, c'est pas terrible pour gagner 10 ans) et les rares modèles unis sont couleur d'automne : kaki, gris, marron... J'ai bien repéré un turquoise chez Etam, mais comme la couleur penchait plutôt du côté "pédiluve craspouille" que "lagon des caraïbes", j'ai préféré le laisser à sa place.


J'ai quand même fini par dénicher le maillot idéal : un Eres, impeccablement coupé, au tissu tout doux, à 140 euros. A ce prix là, je l'ai oublié.
J'ai aussi cru dénicher la perle rare chez American Apparel : sa couleur, "cobalt", était magnifique et la coupe ne transformait pas les seins en oeufs au plat. Mais chez Am Ap', les bas sont à peine plus grands que des emballages d'apéricube ! Donc, oublié aussi le maillot Am Ap ! Vous me direz, c'est pas grave, parce que le deux pièces uni, ça se porte dépareillé en 2008 ; c'est écrit noir sur blanc dans tous les magazines de filles. Ouais, c'est sans doute vrai mais avant d'acheter un haut bleu de cobalt et un bas jaune canari, j'aimerais bien connaître la journaliste de mode capable de porter un maillot dépareillé sans craindre les "ben t'es gourde, regarde-toi, tu t'es trompé !" de son entourage confondant de bienveillance...

mercredi 2 juillet 2008

J'suis vernie !

Pendant des années, je n'ai aimé que le cuir mat.

J'aime bien le côté anti-bling bling du mat, son chic, sa discrétion.

Mais depuis quelques mois, mon histoire d'amour avec le mat a du plomb dans l'accessoire : j'ai redécouvert le cuir vernis. Celui des escarpins "rouge brillant" montés sur 12 cm de talon qui me faisaient rêver quand j'avais 6 ans. Le modèle "qui-se-voit-de-loin et c'est-ça-qu'est-bien" (j'avais 6 ans, hein !)

Cet été, j'ai craqué pour des sandales aux brides en cuir vernis noires (35 euros, en soldes sur le bien nommé "Chic Dressing"). Quand je les porte, j'adore regarder se côtoyer le rouge coquelicot de mon vernis super glossy et le noir bien brillant de mes chaussures ! (ouais, je sais, j'ai des activités d'été assez sophistiquées...)

Mais comme ça ne suffisait pas à mon bonheur, la semaine dernière, j'ai cherché comme une furie la dernière paire de compensées en cuir vernis Maje dans tout Paris (le modèle taupe ou navy avec un liseré argenté : si vous êtes en possession d'un 38, je vous hais). Sans succès.

Alors pour me consoler, j'ai remplacé le vieux bracelet de ma montre en cuir mat noir par un superbe bracelet en cuir vernis prune de chez Agatha (en ce moment, les bracelets de montre sont bien entendu les seuls articles du monde qui ne sont pas soldés !). Tout à coup, ma montre a pris une autre allure : elle a gagné 10 ans, comme si elle sortait d'un lifting très très réussi. Pas mal pour une "vieille" de 50 ans (une "Longines", pour les connaisseurs, une montre "de famille", pour les lecteurs qui se passionnent pour ma vie passionnante).

Rayon cuir vernis, je vais m'arrêter là. Pas de sac, plus de chaussures. D'une part par respect pour mon porte monnaie (parce que le plastique c'est moins cher et ça brille aussi, mais c'est vraiment pas possible, je le repère à 3 km, et pis là où ça craque, c'est moche) et surtout pour éviter la panoplie total-look vernis qui pourrait faire croire que je m'habille plutôt vers Pigalle que vers Haussmann.

dimanche 29 juin 2008

Matière grise à l'eau de rose


Je suis certes un peu cruche, mais pas complètement débile.


Alors pourquoi est-ce que j'adore regarder Grey's Anatomy, une des séries les plus crétines du moment ? Pourquoi est-ce que je verse une larme quand un malade un peu gentil meurt à l'hopital malgré le dévouement infaillible d'une bande de médecins bien trop glamour pour être crédibles ? Et pourquoi est-ce que mes yeux ne peuvent cesser de couler dès que cette vilaine sorcière de Meredith Grey s'en prend à son adorable amoureux aux yeux de cocker transi ?

Je ne vois que deux explications.


La première est due à mon état de cruchitude absolue. Comme toute cruchâsse qui se respecte, j'adore les histoires d'amouououour.

Ce qui n'est pas le cas de ma mère. En bonne féministe, elle a élevé ses filles dans l'idée que l'expression des sentiments, le maquillage, la minauderie, la comtemplation et les histoires à l'eau de rose, tout ça c'était pareil : c'était mal. Alors forcément, depuis que je suis grande, j'adore passer du rire au larmes, je tente chaque jour de progresser en application de blush sur les pomettes, je fais un minimum de 18 grimaces par phrase, j'arrête régulièrement et sans prévenir de parler à mon entourage pour rêvasser tranquille pendant des heures et je m'abreuve de trucs de filles : séries, films, magazines, BD, romans et euh... blogs.

Et puis si je suis accro à GA, c'est aussi parce que les séries "en milieu hospitalier" fontionnent sur un double principe qui marche à fond sur mon inoxydable personnalité de crèpe molle.

Leur principe n°1 consiste à mettre en scène des personnages qui ne se contentent pas d'être beaux : Ils brillent aussi par leur intelligence. On a donc deux fois plus de raisons de les admirer et de les envier. Perso, je voudrais posséder "à la fois" la taille ultrafine et l'incroyable génie de Cristina, l'altruisme peu commun et la bouche pulpeuse d'Izzie, la crinière "parce que je le vaux bien" et le professionnalisme "parce que je le vaux bien aussi" d'Alison, et surtout le discernement sans faille et les yeux sans fond de Meredith.

Principe n° 2 : les médecins des urgences (en particulier celles de la TV, étrangement toujours pleines à craquer de patients sur le point de mourir) exercent un métier tellement généreux qu'il les absout de toutes les crasses qu'ils distribuent sans compter à leurs collègues, leur famille et leurs amis. Ainsi, Meredith Grey possède la faculté ô combien désirable de raconter ses malheurs à ses copines sans jamais les écouter se plaindre, de se comporter en sale petite garce avec son adorable soeur qui la considère pourtant comme une déesse vivante et surtout, d'envoyer balader l'amoureux le plus brillant, le plus malicieux, le plus gentil et le plus sexy de toute l'histoire des séries hospitalières ... sans que personne ne trouve jamais quoi que ce soit à lui reprocher ! Et tout ça pourquoi ? Pour la simple et unique raison que chaque jour, cette chipie sauve des vies ! Pffffffffff. Y a pas de justice : moi aussi je veux me conduire en peste et rester la fille que tout le monde adore !

Bon, sur cette injustice flagrante, je dois vous laisser : j'ai les 6 derniers épisodes de la saison 4 à regarder.

mercredi 25 juin 2008

Le bon plan Asos

Ahahah, la bonne blague !

Il y a 15 jours, je repère ces sandales "façon lézard" sur asos.com, le lieu de perdition britannique d'une bonne partie de la fashion blogosphère (pour reprendre une expression empruntée à Eugénie Blin Bling).


Je les trouve jolies mais ne suis pas sûre de mon coup : la semelle me semble mince et à 12£ (15 euros), j'ai peur qu'elles ne passent pas l'été sans se décomposer. J'envoie quand même le lien à ma très chic copine S, qui habite Passy, connaît personnellement la moitié des vendeuses des boutiques bobobranchouilles de Paris, manque de s'évanouir dès qu'elle aperçoit le même Dreyfus qu'un des modèles de sa collec. perso au bras d'une quelconque fashionista et vient de dépenser l'équivalent du budget du nucléaire iranien en soldes presse. Je guette le jugement sans faille de ma copine riche sur mes sandales de pauvres.
Mon mail à peine parti, elle me répond aussitôt :

"Mortelles. Si tu les prends en orange, tu m'en commandes une paire en navy, s'il te plaît ? Pour être certaine de la taille, prends-moi tout le stock, à ce prix-là on va quand même pas se gêner!"

Une semaine plus tard, nous ne quittons plus nos sandales (enfin là, je parle pour moi. Pas pour ma copine qui, cette saison, voudrait bien qu'on lui rallonge l'été de quelques mois supplémentaires pour pouvoir porter toutes ses nouvelles chaussures au moins une fois avant l'hiver !)

Et puis, il y a 2 jours, je reçois un mms de S : "Mouhahaha ! Alors là je me marre ! Eh non, tu ne rêves pas, ce bien nos hyper hype sandales de chez Asos. On ne les voit pas super bien sur la photo, j'ai mais dû déployer des ruses de sioux pour ne pas me faire pécho par le cerbère de chez Franck et Fils... Devine combien ils les vendent ?"


Pour mes lecteurs(trices) qui ignorent à quoi ressemble Fanck et Fils, imaginez un mini-grand magasin au coeur du 16e arrondissement aux rayons immaculés, garnis d'articles proposés aux mamies du quartier à des prix indécents. Des mamies au pas lent et au dos encore bien raide qui adorent s'encanailler tranquilou dans ce temple du luxe et de la volupté d'un autre âge, certaines de ne pas croiser la moindre caillera dans cet écrin soigneusement gardé par d'imposants et très aimables vigiles.


Certes, le modèle de Franck et Fils est en cuir véritable, et la semelle, très légèrement compensée, est un poil plus épaisse que celle de nos sandales britanniques. Mais aux pieds, l'effet est strictement identique. Et au niveau du porte-monnaie, il y a la bagatelle de... 125 euros d'écart !!! Ahahah, même ma copine from Passy en rigole encore !

dimanche 22 juin 2008

Pierre Cardin, carrément bien

J'ai compris ! Quand j'ai revu la Curée, ce film un poil déjanté tournée par Roger Vadim en 1966, j'ai compris pourquoi Sophie Albou, la créatrice de Paul & Joe, s'était engagée à collaborer pendant 7 ans avec le très vintage Pierre Cardin.

C'est lui qui a fait les costumes de Jane Fonda, l'actrice principale du film. Dans la Curée, elle a 29 ans. Elle joue le rôle d'une jeune bourgeoise oisive et pleine d'esprit, mal mariée à Michel Piccoli (mais comment peut-on être "mal mariée" à Michel Piccoli ?!!!) Évidement, cette cruchâsse ne comprend pas qu'elle a gagné le gros lot ; elle tombe amoureuse du fils de Piccoli, un grand benêt tout embêté de voler la jeune chérie de son vieux papa... bref. Je vous épargne la suite du scénario, d'un niveau à peine plus subtil que celui des Feux de l'Amour...

Donc, les costumes. Quand Jane Fonda n'est pas à moitié, voire complètement à poil (chez Vadim, les actrices se baladent quand même plus souvent en culotte qu'en manteau), elle porte des vêtements simplement mortels. Avec des
coupes très graphiques. Ça ressemble plus à du Courrèges ou du Paco Rabanne qu'à du Saint Laurent ou du Chanel. C'est quelque part entre le prêt àp' chic et la haute-couture vaporisée au spray anti-mamie (en 59, Cardin lancera le prêt à porter dans les grands magasins, ce qui lui vaudra d'être jeté comme un malpropre par la Chambre syndicale de la Haute couture ; voilà, c'était la minute "j'me la pète j'ai bûché mon texte", on peut retourner à nos futilités maintenant).


Ahhhh, ces robes trapèzes portées avec des bottines plates, ces incroyables cols montants mais pas guindès, cette djellaba longue si hippie-chic, ces trois mille manteaux en tissu, en fourrure ou en daim qui donnent à Jane F un air sage sans la déguiser en vieille dame et surtout, sa robe de cocktail en crêpe (?) jaune soleil ! Quand je l'ai vu, j'ai poussé un cri. Un râle plutôt. Avec toute l'élégance dont je peux faire preuve, j'ai fait :"rhhhhhhhhaaaaaaan, j'veux la même !"

Bon, quand je me suis rendue compte que le bas était bordé de plumes d'autruche, je me suis un peu calmée. Parce qu'une robe en crêpe jaune soleil, c'est déjà pas facile-facile à porter au Franprix, alors quand le bas ressemble à un boa chourré à une des filles du Crazy Horse, c'est quasiment impossible à sortir du placard. M'en fiche, j'veux la même.
Dites madame Albou, vous qui avez le droit et le talent, vous ne voudriez pas me faire une copie, s'il vous plaît ? (avec une bande de plumes détachables, si ça ne vous ennuie pas !)

mercredi 18 juin 2008

Vide-grognons

J'adore les vide-greniers. En province. Surtout quand les stands sont installés sous des arbres, que le soleil passe discrètement à travers les branches et que ça sent bon la merguez-frites.

J'adore flâner en laissant traîner mes yeux de fouine sur 2 000 cochonneries pour débusquer une trouvaille : de la vaisselle peinte à la main des années 30, des lampes en fer des années 50, des affiches d'école des années 60, des objets en plastique moulé des années 70... J'y vais toujours en claironnant : "Cette fois, j'achète rien !" (un peu comme quand je pars faire les boutiques). Et je reviens avec 10 000 tonnes de trucs à nettoyer, repeindre ou réparer, achetés pour une bouchée de pain (au niveau de l'addition c'est pas tout à fait comme quand je reviens des boutiques...)

J'adore écouter les mamies me raconter un morceau de leur vie pendant 10 mn pour me refourguer un objet qu'elles trouvent immonde et qui me laisse les yeux écarquillés, la langue pendante, la bave aux lèvres (au moins on ne me voit pas arriver, je fais tellement de grimaces que je suis la proie la plus facile à rouler dans la farine de tous les vide-greniers de France).
"Elle est belle ma pendule, hein ? Elle date des années 70, mais elle marche encore : c'est du costaud, c'est allemand, regardez, y a marqué "madinne RFA" dessous ; Je l'avais mise au dessus de ma machine à coudre, pour ne pas oublier d'aller préparer le repas quand j'étais concentrée sur mon ouvrage. Mais maintenant, je ne couds plus. A cause de mes yeux, vous comprenez". Tout ça vendu avec un sourire rayonnant et une gentillesse extrême. Tout ce blabla pour un euro. Un euro qui fait deux heureuses.

Mais dimanche, j'ai assisté à mon premier vide-grenier de la lose. C'était triste comme un placard sans chaussures, une journée sans pause-café ou une tartine sans Nutella. Il faisait froid, les gens ne souriaient pas, ils étaient là pour faire des affaires, pas pour discuter de tout et de rien avec des clients d'excellente composition dans mon genre. Ils vendaient leurs mochetés achetées dans les années 80 à des prix qui auraient fait se gondoler de rire les responsables d'Ikea. A 6 euros le ravier (contenance, 5 radis max) et 4 euros pièce le mug "Mobil" 70's assorti à mon pichet acheté 20 centimes chez Emmaüs, je suis repartie dépitée, le porte-monnaie intact et les mains vides.

Heureusement, mon chéri "qui a l'œil", a repéré un ventilateur 50's qu'un vendeur arrivé en retard déballait sous nos yeux alors qu'on s'apprêtait à rentrer. Il nous l'a laissé pour un euro. Le sourire n'était pas compris dans le prix, on s'est donc contentés du ventilo. Et on s'est promis de ne plus jamais remettre les pieds dans ce sinistre quartier.

lundi 16 juin 2008

Rhabillée pour l'été

C'est pas parce qu'en cette période de disette absolue, mes revenus d'adulte dépassent à peine mon argent de poche d'ado que je vais me laisser abattre ! Avec quelques euros et un peu de récup, je me suis constituée une nouvelle panoplie d'été pour faire ma crâneuse.

J'ai commandé des sandales oranges chez Asos : 12 £, soit 15 euros et des brouettes. (Sur mon dessin on ne les voit pas très bien alors je mets un lien, un clic là et hop !) C'est du plastoque, mais quand on n'a pas le nez dessus ça ne se voit pas (par chance, peu de gens se penchent sur mes orteils, pourtant magnifiques) et je suis super à l'aise dedans (et ça, ça n'a pas de prix !);

Je me suis acheté un T-shirt blanc très American Vintage chez Monop : le tuyau venait du blog mode de Tinky Minky, et c'était un super plan parce que pour une coupe Monop, c'est pas trop raté et ça couvre parfaitement mon début de culotte de cheval de grosse feignasse qui ne va plus à la piscine : 12 euros et des pièces jaunes.

J'ai investi 2 euros dans un vernis à ongles rouge coquelicot super-couvrant super-brillant super-tenace de la super marque de folie "Miss Europe" (si avec ça je suis pas la plus jolie !), trouvé chez Gifi. Mes doigts de doigts de pieds ne se sentent plus, ils frétillent sous mes Converses !


J'ai récupéré le short en jean 2007, pas trop court et à revers, d'une généreuse fashionista qui le trouve trop large et trop long pour 2008 (parfait pour planquer vous savez quoi) ;

...et j'ai complété le tout par un panier en osier des années 70 qui appartenait à la maman de mon chéri.

Voilà, je suis fin-prête pour pique-niquer le long du canal Saint-Martin ou manger une gauffre sur le bassin d'Arcachon.

Manque juste un truc.

Oh,
Soleil,
ça va durer encore longtemps ces caprices de star ?

jeudi 12 juin 2008

La magie du Tencel

J'en ai ras le bol. Je suis nulle en lessive, mais quand même, y a de l'abus !


Alors que je m'échine à laver draps et serviettes à 60° et le reste à 40°, mes T-shirts préférés finissent toujours par rétrécir ! (je ne programme jamais de machine à 30° pour laver deux pulls, c'est moyennement économique, pas super écolo et surtout, ça me saoule de faire fonctionner ma machine pour deux pièces : je suis une faignasse, une vraie !)


Quand j'ai payé le T-shirt 15 euros max et que je l'ai porté 154 fois, je ne m'énerve pas. Le passage de la taille 36 à la taille 12 ans ne m'ôte nullement le sourire béat qui reflète ma zénitude absolue.


Mais quand il s'agit d'un T-shirt Comptoir des Cotonniers que j'ai mis 5 fois et qui passe de la taille 36 à la taille 4 ans, où d'un T-shirt Tara Jarmon qui rétrécit façon sous-vêtement pour nain de jardin dès le premier lavage, je perds mon sang froid et je récite toute la liste de gros mots que je connais (j'ai peu de vocabulaire de ce côté là, alors je les prononce très fort et le les répète 3 fois chacun, pour compenser et pour la plus grande joie de mon entourage). Parce que jeter 1 T-shirt de marque porté une fois qui coûte le prix de 7 T-shirts H&M, ça m'énerve graaaaave !!!


Bon, c'est vrai, je pourrais lire l'étiquette avant d'acheter. Comme je n'ai ni les moyens de me payer le pressing, ni le courage de laver mes vêtement à la main, je devrais fuir tous les T-shirts qui portent une étiquette "lavage à la main". Mais j'espère toujours que le fabricant joue la prudence pour éviter les demandes de remboursements de clientes à qui il arriverait les mêmes mésaventures que les miennes.
Et puis comment croire une étiquette qui indique :
- laver à l'eau froide et à la main

- ne pas essorer
- sécher loin des rayons du soleil (pour un t-shirt gris chiné !)

- sécher à plat

- repasser à fer tiède.

Et pourquoi pas "ne jamais transpirer dedans" tant qu'on y est ?!!!


Quant à faire gaffe à la matière avant d'acheter, je veux bien. Mais quand je lis sur l'étiquette d'un T-shirt ultra doux et ultra-fin, une information aussi limpide que "100% tencel", j'ai comme un doute sur l'attitude à adopter...



PS : renseignements pris, le tencel est une super matière à l'aspect de la soie et au procédé de fabrication écologique. .. Et qui a la faculté magique de transformer les pantalons en bermudas après un simple tour en machine à 40 degrés !

PS 2 : Amie lectrice, si toi aussi tu fais partie du clan des "nulles en lessives", fais donc un tour sur le blog de trompoline, en cliquant là : tu te sentiras moins seule ! Son post est criant de vérité et son dessin magnifique !

lundi 9 juin 2008

La robe longue a de l'avenir

Elles se sont répandues comme une traînée de poudre : à Bordeaux comme à Paris, les deux villes où je partage mon temps, il a suffit d'un rayon de soleil et hop ! les robes longues ont remplacé les jeans. Sur les grandes, les petites, les rondes, les maigres, les jeunes, les moins jeunes, les chics, les moins chics ... j'en ai vu sur toutes les filles, sauf les ados et les plus de 50 ans. Avec ou sans volants, avec ou sans bretelles, avec ou sans fleurettes... tout est bon, pourvu que ça traîne !


Pourtant, la robe ramasse-poussière, c'est moyennement pratique en ville : ça flirte sans arrêt avec la saleté du trottoir, ça balaye le sol du métro ou celui du tramway... Et puis ça n'avantage pas vraiment celles qui ont une jolie silhouette, de longues jambes, la taille ultrafine... ni les garçons qui passent leur temps à mater les jambes des filles, eh eh eh !


Mais la robe longue, on n'a rien inventé de plus confortable. Même dans un vieux survêt miteux on se sent moins à l'aise ! Et puis quand on a des trucs pas très classe à cacher, comme des culottes de cheval de la grosseur d'une œuf d'autruche, un fessier en forme de ballon de rugby, un ventre aussi tendu qu'un steak tartare ou des poils de grizzly sur des mollets à épilation + 20 jours, c'est idéal : ça planque tout ce qu'on veut planquer sans enlever un gramme de romantisme.


Perso, j'aime beaucoup les robes longues (je peux difficilement prétendre le contraire, j'en suis à mon troisième dessin ! ) Je n'en n'ai pas (encore) acheté mais je trouve ça ravissant. Ce qui n'est pas du tout l'avis de ma très chic copine S. La robe longue, elle aime pas. Parce malgré son teint laiteux de chez laiteux, ses cheveux plus blonds que ceux des mannequins Krisprolls et son carré mi-long pas vraiment 9-3, elle craint qu'en arborant un tel costume, un brave homme ne l'arrête dans le métro, ne lui accroche l'avant-bras d'une main virile et ne lui demande, d'une voix sombre et caverneuse : "Eh toi, la diseuse de bonne aventure, t'aurais pas moyen de me causer de mon avenir ?"

jeudi 5 juin 2008

Un T-shirt mortel

Ça y est, je l'ai enfin trouvé, le T-shirt de mes rêves ! Il était temps. Depuis plusieurs semaines, je ne dormais plus, je ne mangeais plus, je ne travaillais plus et je refusais d'adresser la parole à qui que ce soit : je cherchais fébrilement MON T-shirt. Un T-shirt un peu large, un peu mou et un peu rock. Pour mettre par-dessus un slim et sous ma veste noire. Mais comme à chaque fois que je cherche un vêtement précis, j'avais des exigences ûûûltra-pointues.

Je ne voulais pas d'un t-shirt genre « j'ai piqué celui de ma petite soeur ». Hello Kitty, le rose Barbie et les noeuds-noeuds partout, c'est pas du tout mon truc.


Je ne voulais pas non plus d'un t-shirt à message. Je suis déjà horriblement gênée quand un mec me regarde droit dans les seins, alors si en plus ça doit prendre 5 mn pour qu'il ait le temps de tout déchiffrer... Et puis il me faudrait au moins 3 ans d'entraînement à plein-temps en séminaire « prendre confiance en soi » avant que je n'ose arborer un top sur lequel on peut lire : «Mrs Pitt », « Fuck les ex !» ou « I am a virgin but this is an old t-shirt ». Surtout devant ma mère !!!


Je ne voulais pas non plus d'un T-shirt blanc avec un dessin noir genre « vite gribouillé au stylo-bille ». D'abord, parce que les dessins vite-fait au stylo-bille, je sais ce que c'est, et ça ne ressemble pas du tout à ceux qu'on voit sur les T-shirts des fashionistas. Ensuite je trouve que souvent, ça fait sale. Genre « mon T-shirt s'est enroulé par mégarde autour d'un bic mais j'ai pas eu le temps de le mettre à la machine ».

Et surtout, ma nièce en a un, superbe, depuis 3 mois.

Et ma nièce n'a que 12 ans et demi, pffff.


Mais malgré tous ces critères ridicules, je l'ai trouvé, mon T-shirt idéal. Je suis tombée dessus par hasard, en cherchant des chaussures (???!) sur asos.com. Il est directement inspiré des affiches de concerts rock des 60's à San Francisco. Avec cette typo toute molle, inventée par des graphistes sous LSD (sur mon dessin, on ne la voit pas très bien alors je vous mets le lien, ici). Et un affreux cobra qui, je l'espère, effraiera ma mère, ma petite nièce et tous les pervers qui auraient la mauvaise idée de me regarder droit dans les seins.


dimanche 1 juin 2008

Escale japonaise



Quand j'ai un peu de temps, je fais du shopping (je sais, c'est difficile à croire), j'épluche des magazines d'actualité sérieux (Une femme en ville, Direct Soir, Le petit Immo de Century 21...) je prépare une cuisine un peu sophistiquée (je coupe des melons, j'ouvre des boîtes de thon...), je regarde l'Eurovision ou je vais boire des bières avec mes potes.



Et puis récemment, j'ai interrompu le rythme effréné de cette vie de dingue : je suis allée voir l'exposition Hokusai au musée Guimet. Je vous entends ricaner : Hokusai, un de ces pervers japonais qui peignait des estampes érotiques ?! Avec des couples dans des positions tellement acrobatiques qu'on se demande toujours à qui appartiennent les mains qui sortent des kimonos défaits, et des hommes ultra-virils sur-équipés ?


Oui.


Mais il n'a pas peint que ça. Hokusai, c'est aussi l'auteur de La grande vague de Kanagawa, la fameuse peinture qu'on a vu partout après le Tsunami. C'est aussi, avec Hiroshige, l'un des peintres japonais du XIXème qui ont inspiré Hergé pour dessiner Tintin, Van Gogh et Monet pour esquisser leurs paysages et des tas de fabricants de canevas des années 60 pour nous pondre de redoutables ouvrages de dames, au temps où les dames ne passaient pas leur temps à lire des blogs de filles.


Hokusaï a peint des montagnes où on entend le vent souffler, des scènes de la vie quotidienne où les personnages sont en mouvement, des fleurs avec un minimum d'effet et un maximum de soin, et puis des animaux pas gâtés par la nature qu'il a rendu sublimes (surtout les carpes, j'ai un faible pour ses carpes !)


A la fin de l'expo, je suis restée scotchée devant ses aquarelles et ses dessins à l'encre de Chine. Parce que moi aussi, je me suis frottée aux deux techniques. Et de temps en temps, je reprends mes pinceaux. Mais je suis loin, très loin derrière le maître ! Heureusement, je ne désespère pas : Hokusai, qui a commencé le dessin à l'âge de 16 ans et n'a aimé ses propres créations qu'à 70 ans, aurait aimé vivre jusqu'à 100 ans pour maîtriser son art et devenir un grand peintre. Autrement dit, il considérait que 84 ans, c'est le temps d'apprentissage idéal pour observer la nature et la reproduire avec talent. De mon côté, j'ai commencé à jouer avec l'encre de chine en 2005 ; je ne suis pas encore satisfaite du résultat mais si je persévère, dans 82 ans je serais une pro du pinceau. ça va, j'ai de la marge.

jeudi 29 mai 2008

Va nus-pieds... en enfer !



J'ai des pensées impures. Je rêve de chaussures. De "nu-pieds" plus exactement. Avec très peu de cuir mais un prix indécent : 165 euros.



Je pourrais fantasmer sur des spartiates : on en trouve partout à tous les prix (et les moins chères ne sont pas forcement les moins jolies). Mais non.

De toute façon, des spartiates, j'en ai déjà. Des vraies, des basses, modèle séminariste. Des K.Jacques tellement usées que la semelle ressemble à du carton mouillé et que des poils tout moches commencent à pousser le long des brides.
Et puis les spartiates montantes ne me font pas envie. J'ai l'impression que les brides sur la cheville, ça casse la silhouette et ça transforme instantanément mes mollets graciles en jambonneaux immondes. En plus, quand j'en parle aux garçons, ils font mine de ne pas savoir de quoi il s'agit (alors que toute la presse en parle, pfff !) et me demandent, l'air benêt : "les mêmes que celles des centurions d'Astérix ?" Après ils ricanent bêtement, comme des garçons.

Nan, celles dont je rêve, ce sont les K-Jacques à rondelles. Le modèle s'appelle Pythagore. Pythagore, ça fait sérieux, non ? Bon, sur la couleur, j'hésite encore. Entre le noir vernis, le blanc mat et le bronze, je ne suis pas décidée. Mais elles iraient si bien avec ma petite chaîne argentée au même motif rondelles, celle qui ressemble à un collier Zadig & Voltaire
(Gifi, 4 euros).

Ohlàlà mon dieu, je crois que vais craquer. Alors que mon compte en banque est au plus mal, sans espoir de rémission dans les prochains mois et que j'ai vraiment besoin d'investir dans un nouvel ordi portable pour bosser sérieusement ! Acheter de telles chaussures, ce serait folie. Ce serait pêcher.
Je crois que je vais finir en enfer.

dimanche 25 mai 2008

"Microrobe à franges, twelve points"



Samedi soir, j'ai passé une soirée E-PA-TANTE. J'ai regardé l'Eurovision. Un grand moment de télévision. Je vous raconte.

L'Eurovision, c'est comme quand on était petit(e)s. Les chansons, les costumes, les décors : tout est kitsch. Et globalement naze. La seule nouveauté, c'est la présence massive des pays de l'Est : la Moldavie, la Croatie, la Serbie, l'Ukraine... Le genre de pays dont on ignore l'emplacement ("tu sais bien, c'est pas loin de la Russie"), les capitales (heureusement Julien Lepers lui, avait révisé avant de présenter) et à quoi ressemblent leurs habitants (à part les sympathiques Milosevic et Dracula).

Et bien ces pays, ils votent tous les uns pour les autres. Bon, c'est de bonne guerre, parce que les autres, ils font exactement pareil : les suédois votent pour les norvégiens, les espagnols votent pour les portugais, etc. Mais les autres, ils sont moins nombreux, donc c'est plus discret.


En fait, pour ceux qui s'intéressent au scrutin (les autres peuvent passer au paragraphe suivant), c'est pas tant une histoire de voisinage qu'une histoire d'émigration. C'est le public qui vote. Mais comme personne ne peut voter pour son propre pays, seuls les émigrés votent pour leur pays d'origine. Les allemands donnent donc leurs voix aux turcs, les finlandais aux russes, etc. Donc, le résultat, c'est n'importe quoi.


Mais bon, le classement et les chansons, on oublie. C'est vraiment tout pourri et surtout, c'est pas ce qu'il y a de plus amusant ni de plus instructif. Parce que cette année, j'ai quand même appris des trucs en regardant l'Eurovision.


Par exemple, j'ai retenu qu'on ne disait plus "Ohlàlà la pouffe, elle est méchamment liftée !" mais "c'est une jeune personne tirée à 4 épingles !". Bien plus raffinée, l'expression est signée Jean-Paul Gaultier, co-présentateur de l'émission.


On ne dit pas non plus "des SMS" mais "des Zéssémesses". C'est Julien Lepers, l'homme qui sait tout et le prouve chaque soir dans l'incontournable "Questions pour un champion", qui l'a répété au moins 10 fois en 20 mn. Et Jean-Paul n'a rien trouvé à redire.


Vous rêvez de présenter les votes de vos compatriotes sur le petit écran et de prononcer à deux à l'heure la phrase mythique : "Russie douze points ; Russia twelve points" devant des centaines de milliers de téléspectateurs ? Si vous êtes blonde, rondouillette et que vous avez de gros seins, vous avez toutes vos chances : je n'ai compté que deux brunettes maigrichonnes parmi la trentaine de présentatrices à l'allure avenante, annonçant les fameux scores dans la langue de Britney Spears.

Et enfin, côté informations cruciales, je vous livre l'identité du grand vainqueur de la soirée : ce n'est pas un pauvre chanteur russe de deuxième zone, comme Julien L. a tenté de nous le faire croire, mais le look "brushing à la drôle de dame, microrobe à franges et poitrine bonnet G qui tente de se frayer un chemin entre les découpes d'un décolleté visiblement prévu pour une collection fillettes". Un look cosmopolite, répéré sur les chanteuses arménienne, grecque, suédoise et ukrainienne.
J'avais une vague envie de fringues/sac à main/chaussures à franges ces derniers temps, mais après cette inoubliable soirée, je suis définitivement vaccinée.

jeudi 22 mai 2008

La plus belle pour aller bosser

Vendredi dernier, mon boss et moi, on avait rendez-vous avec un boss XXXL (rapport à son classement dans le Cac 40 hein, pas à sa corpulence, pauvre homme !) A l'idée de ce grand rendez-vous, mon sac à main n'a fait qu'un tour : il me fallait IMPERATIVEMENT de nouvelles fringues (ben quoi, j'allais pas me pointer en souillon non plus !)

N'écoutant que ma conscience professionnelle, j'ai donc consacré mon jeudi après-midi à chercher un top violet très très foncé, presque noir, et un flare bleu très très fonçé, presque noir, tout ça parce que j'avais repéré cette tenue mortelle sur une créature au port de reine et à l'allure de déesse entr'aperçue une demi seconde la veille sur son vélib' (n'importe quoi).
Evidemment, je n'ai rien trouvé de ce que je cherchais. Après avoir arpenté deux grands magasins et 4 arrondissements, épuisée, les pieds en sang et le moral dans les chaussettes (enfin dans le sang), je me suis consolée chez H&M. J'ai choisi un blazer court et noir, le genre Qui-fait-chic avec des talons et des cheveux coiffés, Qui-fait-rock avec un slim, un t-shirt pourri et mes cheveux chiffonnés. J'étais aussi à deux doigts de craquer pour un top à rayures millimétrées bleues et blanches, mais il n'était plus dispo dans ma taille.

Le vendredi matin, j'arrive la première au boulot. J'ai mon blazer court et noir, un jean slim mais pas trop et des escarpins noirs à bout rond.

Tiens, Boss XXXL est venu accompagné de son assistante. Top classe, cette fille : Elle porte un blazer court et noir, un jean slim mais pas trop et des escarpins noirs à bout rond.

Et sous sa veste, un top à fines rayures bleues et blanches. La vache !

lundi 19 mai 2008

Miroir mon beau miroir, dis-moi qui est la plus cinglée !


C'était un rêve de petite fille. Un accessoire que, du haut de mes 8 ans, je pensais réservé aux danseuses de cabaret, aux présentatrices météo et aux comédiens de seconde zone en tournée. Un objet que j'associais à du fond de teint épais comme du Nutella, de la poudre de riz plus volatile que de l'éther, du fard à paupières aussi pailletté qu'une robe de Mariah Carey, des faux cils longs comme ceux de Minnie Mouse et du rouge à lèvres qui déborde. Un truc qui appartenait à un monde magique et effrayant et que, de toute façon, je ne posséderais jamais.


Et puis hier, dans la cour de chez Emmaüs, mon chéri qui m'a entendu me plaindre 3 millions de fois parce que chez lui, y a pas de lumière et qu'il m'est donc impossible d'étaler de l'anticernes sans ressembler à un raton laveur qui se serait frotté les yeux avec du jus de nouilles, a pointé le doigt vers un miroir de loge coincé entre une baignoire rouillée et un rameur déglingué et m'a demandé : "ça t'intéresse ?"

A 3 euros le miroir, j'ai pas réfléchi longtemps.
Maintenant, je ne plains plus quand je me maquille chez lui. Certes, avec un tel éclairage, mes points noirs ont le diamètre d'un confetti et mes rides la profondeur d'un gouffre... Et avec ses 6 ampoules, mon miroir n'est pas super écologique. Mais je ne l'allume que 3 mn par jour, le temps d'appliquer mon super maquillage de pro : une couche d'anticernes, une dose de mascara et un coup de blush pour les jours de fête.

Mais au moins, quand j'étale ma crème sur mes cernes, je ne fais plus de paquets au coin des yeux ; je peux maquiller mes cils un par un, m'arracher un cheveu blanc sans que 10 de ses copains châtains ne l'accompagnent, tracer une raie plus droite qu'un i et, cerise sur la coiffeuse, me prendre pour... Dalida. Je n'ai pas encore chanté avec ma brosse à cheveux devant la bouche, mon oeil droit regardant le gauche et ma main caressant lentement ma crinière, mais ça ne saurait tarder.

mercredi 14 mai 2008

La tong qu'on n'attendait pas


Vendredi dernier, je dois déjeuner avec une amie qui travaille près de chez moi (quelle idée épatante, je me demande bien pourquoi tous mes potes ne font pas la même chose !)


Histoire de faire ma maligne, j'enfile mes super escarpins en cuir sublimement découpés trop chics de la mort qui tue. Trente minutes de shopping, une heure de terrasse, un bagel au pastrami et un jus de carotte/orange/gingembre plus tard, je rentre chez moi. A grand peine. Dès l'ascenseur, j'enlève mes chaussures de la mort : j'ai une ampoule de la taille d'un oeuf de poule (calibre "très gros") à chaque pied.

Dans la soirée, je dois filer au Franprix. Je tente d'enfiler des ballerines pour me traîner jusqu'au magasin. Je hurle de douleur. Je rampe jusqu'au placard à chaussures. J'ouvre 112 boites avant de retrouver mes tongs Gap, achetées il y a 4 ans. Désespérée par ce faux pas antifashioniesque de la fille restée scotchée sur la tendance 2004 (pffffffff...), je fais mes courses en tongs. Le lendemain, je vais à la piscine en tongs. Le surlendemain, je vais shopper dans le Marais en tongs.

Et là, surprise : au moins une fashionista sur 5 porte des tongs ! Avec une robe, un short, un slim... Et c'est même pas moche. Ça donne un côté négligé et rock'n roll aux tenues apprêtées de toutes ces jolies filles bien sapées.


Et là, je m'interroge : la tong, ce serait pas la Converse de l'été ?

dimanche 11 mai 2008

Echange maillot contre kilos

Tous les ans, je m'achète un maillot de bain. En récompense. Mon maillot, c'est une sorte de prime que je m'auto-octroie généreusement pour avoir réussi à passer l'automne et l'hiver les pieds gelés, la goutte au nez, avec sur le dos le même manteau pendant 270 jours.

Les années fastes, quand ma carte bancaire est en pleine forme, je choisis un maillot chic et cher. En 10 mn, je trouve mon bonheur : un deux pièces bien coupé dans un ton qui ne me fera ressembler ni à une endive de plage, ni à Beyoncé à Saint-Tropez (enfin d'ici à me transformer en Beyoncé, même avec un maillot rouge vif à clous dorés et une couche d'autobronzant aussi épaisse que celle de mon Nutella matinal, y a du travail...)


Les années de disette, quand je n'ose plus regarder ma carte bleue dans les yeux, je m'achète un maillot pas cher. Je mets des semaines pour le choisir. Je ne trouve que des deux pièces aux motifs barbares, taillés dans des rideaux de mamie, avec des culottes très hautes, très échancrées, ou limite string, ou tellement mal coupées qu'elles rentrent dans les fesses au moindre pas dans le sable (non seulement c'est moyennement élégant mais en plus c'est très désagréable), et un haut qui se fait la malle au premier rouleau (ça amuse beaucoup les nageurs autour de moi, mais jouer les comiques de plage, c'est pas ma distraction estivale préférée...)


Cette année, j'ai pris une décision raisonnable : pas de maillot. Je veux dire pas de "nouveau" maillot. Je n'ai pas d'argent, mais pas envie non plus d'acheter un deux-pièces au rabais qui non seulement ne ressemblera à rien, mais que je verrai en 15 exemplaires sur MA plage.
J'ai donc fait le calcul suivant :
Le maillot de bain Bronzette qui me fait envie cette année (en dessin ici ou en photo page 48 du catalogue du Printemps) coûte 190 euros. J'ai 21 jours de vacances. Moins 2 pour le voyage, moins 5 à cause du mauvais temps, restent 14 jours pour faire la moule sous le parasol. Auxquels j'enlève 3 jours sans plage pour calmer mes coups de soleil, mais que finalement j'annule parce que je les remplace par 3 jours de weekend pré ou post-congés payés. Tout le monde suit ? Alors je divise 190, le prix du maillot, par 14, le nombre de jours de plage effectifs. Et j'obtiens le coût du maillot par jour de plage, soit 13,57 euros. Ça fait cher le Bronzette ! D'autant que pour cette somme somme-toute rondelette, je peux m'offrir, chaque jour, la somme faramineuse de 4,5238 beignets géants hyper gras et over sucrés servis par le vendeur ultra-musclé hypra-bronzé et méga-canon de MA plage.

vendredi 9 mai 2008

Chaussuresmania


En attendant mon prochain dessin, pas encore terminé, un micro-billet pour vous signaler que vous pouvez-voir les chaussures Gap dont je parlais la semaine dernière "in vivo" (pour emprunter un terme cher aux chercheurs spécialisés dans l'étude comportementale de la sandale à plateforme), sur Café Mode.

Il suffit d'aller sur le site (il y a un lien dans ma blogothèque) et de regarder les photos publiées le 7 mai ou, pour un accès direct, de cliquer .
Elles sont top non ?
Bon, OK, leur jolie propriétaire n'a pas l'air super à l'aise, on a même l'impression que ses orteils cherchent s'échapper de la chaussure. Mais je la trouve quand même super stylée.
De toute façon, je les ai pas achetées.
...
Soupir.

lundi 5 mai 2008

La vielle dame au doudou

Il est pas chouette, ce doudou en torchon ? La dame qui l'a fabriqué, c'est Louise Bourgeois, artiste, 96 ans. J'aurais tout aussi bien pu dessiner un pénis en bronze, une forêt de seins en marbre ou des excréments en cuir, plus représentatifs du sympathique créneau de travail de Louise ! Mais sur ce blog, ça cause plutôt chiffon. Alors j'ai pensé qu'un doudou serait plus raccord (et puis si ma mère venait à traîner sur ce site, elle pourrait bien me supprimer mon abonnement à Elle par mesure de répression, on ne sait jamais...)

J'ai donc choisi un doudou qui, d'ailleurs, n'en n'est pas un : la douceur, c'est pas son truc à Louise. Il s'agit plutôt d'une sorte de poupée naïve, symbole du repli sur soi et de la solitude.


Quand je suis allée voir l'exposition de Louise Bourgeois au Centre Pompidou, je me suis dit que je ne vous en parlerai pas.
Parce que l'art contemporain, quand on le raconte, c'est super pénible, ça fait fuir tout le monde, moi la première.

D'autant plus que cette expo a démarré le 5 mars. En parler avant, c'était intéressant, en parler à l'ouverture, c'était cool, mais en parler avec deux mois de retard, ça sent grave le billet moisi.
Et puis je peux bien me la péter avec Louise Bourgeois : de toute façon, je la confonds toujours avec Annette Messager !


Mais bon, cette expo, elle est quand même top. Moi qui n'aimais ni l'univers triste et torturé, ni les scultures, ni les installations, ni les peintures de la vieille dame (je ne les avais jamais vues "en vrai", seulement dans les livres d'art ou à la TV), j'ai adoré. Je suis fascinée par l'audace, l'impudeur, l'intelligence et la liberté de Louise Bourgeois. L'adjectif qui lui correspond le mieux, c'est "malicieuse". Pour s'en convaincre, il suffit de jeter un oeil au portrait de Robert Mapplethorpe : du haut de ses 57 ans (la prise de vue date de 1968), la vieille dame se montre visiblement ravie de porter sa sculpture, un superbe pénis géant sous son bras.
Bon, j'arrête là avec mon expo.
La prochaine fois, promis, je parlerai chiffon !