lundi 28 juillet 2008

Rock'n clean

Un festival de rock, c'est l'occasion d'écouter ses groupes préférés en live, à donf, en plein air et en compagnie de milliers d'inconnus en sueur qui gigotent, hurlent et rotent en choeur. Que du bonheur !


C'est aussi l'occasion de déguster de délicats mélanges merguez-frites-moutarde qui ne se contentent pas d'embaumer l'air et les doigts mais, faute d'une cuisson suffisante, vous retournent l'estomac longtemps après la fin des concerts. Et comme le rock appelle la bière, c'est un amoncellement de canettes, gobelets et papiers gras sur une pelouse qui, à force d'être piétinée, finit dans un état aussi désolé que le crâne de Brice Hortefeux.

Ce sont aussi de magnifiques rangées de toilettes chimiques d'où les filles ressortent généralement plus mal en point que lorsqu'elles y sont entrées (je vous épargne la description des lieux afin de maintenir le niveau de distinction qui règne sur ce blog, vous me comprendrez!). Ce sont enfin des cohortes de festivaliers ivres-morts qui regagnent en voiture leur camping situé à 50 km, sans l'ombre d'une hésitation "Puisque 'tain, j'te dis que j'me sens grave en forme, 'tain fais pas chier !" (gloups, le niveau de distinction dans lequel je tente de maintenir ce blog a du plomb dans le html !).


Mais cette ambiance rock & cracra tend à disparaître. Parce qu'aujourd'hui, la tendance est aux festivals écolos et/ou responsables.

Dans un festival de rock écolo et/ou responsable, les merguez et les saucisses ne sont ni mieux, ni plus cuites qu'ailleurs. Mais elles sont "issues de l'agriculture biologique".

Dans un festival de rock écolo et/ou responsable, pas un papier ne jonche le sol plus de 5 mn : une armée d'infatiguables ramasseurs se charge de les faire disparaître. On ne voit d'ailleurs ni canettes ni bouteilles dans l'herbe : pour picoler, les festivaliers doivent acheter un gobelet consigné et le présenter au bar. Là, après une heure de queue dans la chaleur et la poussière (de ce côté là, l'écologie n'a apporté aucun progrès, hélas), ils feront remplir leur verre avec de la bière, du coca ou toute autre boisson proposée à un tarif honteusement élevé (là non plus rien n'a changé !). De toute façon, aucune bagarre n'aura lieu : des armées de "médiateurs" (à ne pas confondre avec les armées de "ramasseurs",pareillement vêtus mais moins baraqués) passent dans la foule vérifier que l'ambiance reste au beau fixe.

Côté "lieux d'aisance", un festival écolo se doit d'avoir des toilettes sèches. Dans ce genre de cabine new-age, pas de chasse d'eau ni de broyeur : chacun recouvre d'un gobelet de sciure ce qu'il est venu y déposer, chassant ainsi les odeurs et permettant à l'ensemble de "retourner à la terre sous forme d'engrais naturel".

Enfin, un festival "rock mais responsable" ne saurait se passer d'une distribution gratuite d'éthylotests à l'entrée des parkings, incitant les plus imbibés à se demander si une petite sieste sur le siège arrière ne serait pas recommandée avant de rentrer ronfler grassement sous la tente.

Même s'il reste bruyant et festif, le festival écolo et/ou responsable est donc bien plus propre et plus sage qu'un festival de rock traditionnel. Moins roots, moins rebelle.

Bah, tant qu'ils ne filtrent pas les amateurs de gros son en sueur qui gigotent, hurlent et rotent en choeur, moi ça me va !

9 commentaires:

Sophie a dit…

eheh, ta description me fait bien rire! :-)

En Belgique, ils ont trouvé un système très astucieux pour éviter qu'il y ait des gobelets écrasés partout: Les festivaliers qui rapportent 20 gobelets au stand reçoivent une boisson gratuite.

Et j'avoue: j'ai jamais fait de festival. Chez nous, ça coûte quand même horriblement cher et j'te raconte même pas si en plus faut camper... :s

Scheharazade a dit…

Je n'y suis jamais allée, mais ça a l'air sympa ^^

modelshop a dit…

@ sophie : en France aussi ils ont mis ce système en place ; mais je crois que c'est terminé maintenant, peut être pour éviter les bagarres entre ceux qui s'arrachent les papiers, histoire de picoler à l'oeil ! Et en France aussi ça reste cher, c'est bien dommage.
@ sheharazade : oui c'est sympa, surtout quand il ne pleut pas ! Et même si le son est pourri, il y a quand même une ambiance différente de celle d'une salle fermée.

isabelle a dit…

J'ai bien aimé cette "balade"... Tiens, ça me donne envie d'y retourner à un de ces festivals...

mariga(z) a dit…

Quelle sympathique description des festivals (et festivaliers écolo ou pas ;))!!
Ca fait une éternité que je n'ai pas tenté la chose... J'ignorais même que la chose était vue sous un angle écolo... Mince alors !

lavieenrouge a dit…

Quel festival que je sache?
Vendredi commence dans ma ville le festival interceltique c'est le plus grand festival de france et c'est à mes pieds donc cette année je vais sfaire des photos!
Y a même Red Hot Chili pepper!

modelshop a dit…

@ isabelle : je t'encourage de tout mon coeur : pour l'ambiance, et parce que ça fait du bien aux oreilles !
@ marigaz : un petit vent écolo... qui rappelle un peu les hippies bien cool des 70's.
@ lavienrouge : mince alors, moi qui croyais qu'il n'y avait que des bretons ou assimilés au festival interceltique ! je vais immédiatement consulter le programme.

isabelle a dit…

"Hé hé hé, on est dans le même sac !" Figure- toi que j'ai laissé un commentaire à la vieenrouge, elle m'a répondu : "@ Modelshop:"... Moi qui ai confondu Marigaz et Catherine, il n'y a pas longtemps, je vois que je ne suis pas la seule!

modelshop a dit…

@ isabelle : c'est drôle cette histoire : nous formons un donc petit groupe virtuel très soudé, et je m'en réjouis !