
Je suis certes un peu cruche, mais pas complètement débile.
Alors pourquoi est-ce que j'adore regarder Grey's Anatomy, une des séries les plus crétines du moment ? Pourquoi est-ce que je verse une larme quand un malade un peu gentil meurt à l'hopital malgré le dévouement infaillible d'une bande de médecins bien trop glamour pour être crédibles ? Et pourquoi est-ce que mes yeux ne peuvent cesser de couler dès que cette vilaine sorcière de Meredith Grey s'en prend à son adorable amoureux aux yeux de cocker transi ?
Je ne vois que deux explications.
La première est due à mon état de cruchitude absolue. Comme toute cruchâsse qui se respecte, j'adore les histoires d'amouououour.
Ce qui n'est pas le cas de ma mère. En bonne féministe, elle a élevé ses filles dans l'idée que l'expression des sentiments, le maquillage, la minauderie, la comtemplation et les histoires à l'eau de rose, tout ça c'était pareil : c'était mal. Alors forcément, depuis que je suis grande, j'adore passer du rire au larmes, je tente chaque jour de progresser en application de blush sur les pomettes, je fais un minimum de 18 grimaces par phrase, j'arrête régulièrement et sans prévenir de parler à mon entourage pour rêvasser tranquille pendant des heures et je m'abreuve de trucs de filles : séries, films, magazines, BD, romans et euh... blogs.
Et puis si je suis accro à GA, c'est aussi parce que les séries "en milieu hospitalier" fontionnent sur un double principe qui marche à fond sur mon inoxydable personnalité de crèpe molle.
Leur principe n°1 consiste à mettre en scène des personnages qui ne se contentent pas d'être beaux : Ils brillent aussi par leur intelligence. On a donc deux fois plus de raisons de les admirer et de les envier. Perso, je voudrais posséder "à la fois" la taille ultrafine et l'incroyable génie de Cristina, l'altruisme peu commun et la bouche pulpeuse d'Izzie, la crinière "parce que je le vaux bien" et le professionnalisme "parce que je le vaux bien aussi" d'Alison, et surtout le discernement sans faille et les yeux sans fond de Meredith.
Principe n° 2 : les médecins des urgences (en particulier celles de la TV, étrangement toujours pleines à craquer de patients sur le point de mourir) exercent un métier tellement généreux qu'il les absout de toutes les crasses qu'ils distribuent sans compter à leurs collègues, leur famille et leurs amis. Ainsi, Meredith Grey possède la faculté ô combien désirable de raconter ses malheurs à ses copines sans jamais les écouter se plaindre, de se comporter en sale petite garce avec son adorable soeur qui la considère pourtant comme une déesse vivante et surtout, d'envoyer balader l'amoureux le plus brillant, le plus malicieux, le plus gentil et le plus sexy de toute l'histoire des séries hospitalières ... sans que personne ne trouve jamais quoi que ce soit à lui reprocher ! Et tout ça pourquoi ? Pour la simple et unique raison que chaque jour, cette chipie sauve des vies ! Pffffffffff. Y a pas de justice : moi aussi je veux me conduire en peste et rester la fille que tout le monde adore !
Bon, sur cette injustice flagrante, je dois vous laisser : j'ai les 6 derniers épisodes de la saison 4 à regarder.