
C'est ça, l'événement que nous annoncent les jolies affiches du Printemps (je parle du grand magasin parisien hein, pas de la saison qui n'existe plus !) avec la jolie blonde aux cheveux raides, son fichu fleuri et sa robe rose et mauve. Si j'ai mis du temps à comprendre le sens de ces affiches, c'est pas seulement parce qu'en ce moment, mes neurones tournent au ralenti : c'est aussi parce que la seule mention qui figure à côté de la blonde, c'est "luxe bohème". Pas fastoche d'en déduire "Exposition sur le mouvement de mode Boho né à Soho dans les années 60/70, tirant son inspiration des hippies et destiné aux bourgeoises qui se déguisaient en bohémiennes dans les ryads de Marrackech ou les villas de Saint Tropez ".
L'expo se divise en deux parties : la première est une suite de stands façon "marché de luxe bohème". Pour le "marché", on repassera : il faut beaucoup d'imagination pour se croire entourée de sympathiques vendeurs d'artisanat local !
On y trouve des bijoux ethniques "inspirés" du mouvement boho (hors de prix), des produits de beauté haut de gamme qui n'ont pas grand chose à voir avec la pensée de Jack Kérouac, de la déco chicos pas vraiment fun et quelques vêtements de babacools neufs (à prix raisonnables), vintage ou indiens (très beaux et très chers).
Heureusement, la deuxième partie vaut son pesant de LSD. Une quarantaine de robes de couturiers sont exposées et commentées par Florence Müller. Et c'est là que commencent les réjouissances ! Les explications de cette historienne de la mode sont à la fois limpides et passionnantes. Même si on y apprend pas grand chose, on révise ses fashionaiseries 70's sans s'ennuyer, car chaque tendance est clairement identifiée et bien illustrée. Quant aux modèles présentés, j'avoue qu'aucun ne m'a donné envie de revenir les voler une fois le magasin fermé. A part une mini-robe Cacharel en liberty, deux robes Pucci aux imprimés étonnants et une djellaba Guy Laroche aux couleurs de sorbet, j'étais plus intriguée qu'épatée. Même la saharienne de Saint Laurent de 1969 m'a laissée de marbre ! Mais bon, j'étais contente d'avoir vu, de près, quelques créations des couturiers de l'époque. C'était un tour d'horizon rapide (enfin ça, c'est sans compter les 20 mn nécessaires pour trouver l'expo, planquée au fin fond du 7è étage du magasin), gratuit, instructif et réjouissant.