mercredi 14 mai 2008

La tong qu'on n'attendait pas


Vendredi dernier, je dois déjeuner avec une amie qui travaille près de chez moi (quelle idée épatante, je me demande bien pourquoi tous mes potes ne font pas la même chose !)


Histoire de faire ma maligne, j'enfile mes super escarpins en cuir sublimement découpés trop chics de la mort qui tue. Trente minutes de shopping, une heure de terrasse, un bagel au pastrami et un jus de carotte/orange/gingembre plus tard, je rentre chez moi. A grand peine. Dès l'ascenseur, j'enlève mes chaussures de la mort : j'ai une ampoule de la taille d'un oeuf de poule (calibre "très gros") à chaque pied.

Dans la soirée, je dois filer au Franprix. Je tente d'enfiler des ballerines pour me traîner jusqu'au magasin. Je hurle de douleur. Je rampe jusqu'au placard à chaussures. J'ouvre 112 boites avant de retrouver mes tongs Gap, achetées il y a 4 ans. Désespérée par ce faux pas antifashioniesque de la fille restée scotchée sur la tendance 2004 (pffffffff...), je fais mes courses en tongs. Le lendemain, je vais à la piscine en tongs. Le surlendemain, je vais shopper dans le Marais en tongs.

Et là, surprise : au moins une fashionista sur 5 porte des tongs ! Avec une robe, un short, un slim... Et c'est même pas moche. Ça donne un côté négligé et rock'n roll aux tenues apprêtées de toutes ces jolies filles bien sapées.


Et là, je m'interroge : la tong, ce serait pas la Converse de l'été ?

dimanche 11 mai 2008

Echange maillot contre kilos

Tous les ans, je m'achète un maillot de bain. En récompense. Mon maillot, c'est une sorte de prime que je m'auto-octroie généreusement pour avoir réussi à passer l'automne et l'hiver les pieds gelés, la goutte au nez, avec sur le dos le même manteau pendant 270 jours.

Les années fastes, quand ma carte bancaire est en pleine forme, je choisis un maillot chic et cher. En 10 mn, je trouve mon bonheur : un deux pièces bien coupé dans un ton qui ne me fera ressembler ni à une endive de plage, ni à Beyoncé à Saint-Tropez (enfin d'ici à me transformer en Beyoncé, même avec un maillot rouge vif à clous dorés et une couche d'autobronzant aussi épaisse que celle de mon Nutella matinal, y a du travail...)


Les années de disette, quand je n'ose plus regarder ma carte bleue dans les yeux, je m'achète un maillot pas cher. Je mets des semaines pour le choisir. Je ne trouve que des deux pièces aux motifs barbares, taillés dans des rideaux de mamie, avec des culottes très hautes, très échancrées, ou limite string, ou tellement mal coupées qu'elles rentrent dans les fesses au moindre pas dans le sable (non seulement c'est moyennement élégant mais en plus c'est très désagréable), et un haut qui se fait la malle au premier rouleau (ça amuse beaucoup les nageurs autour de moi, mais jouer les comiques de plage, c'est pas ma distraction estivale préférée...)


Cette année, j'ai pris une décision raisonnable : pas de maillot. Je veux dire pas de "nouveau" maillot. Je n'ai pas d'argent, mais pas envie non plus d'acheter un deux-pièces au rabais qui non seulement ne ressemblera à rien, mais que je verrai en 15 exemplaires sur MA plage.
J'ai donc fait le calcul suivant :
Le maillot de bain Bronzette qui me fait envie cette année (en dessin ici ou en photo page 48 du catalogue du Printemps) coûte 190 euros. J'ai 21 jours de vacances. Moins 2 pour le voyage, moins 5 à cause du mauvais temps, restent 14 jours pour faire la moule sous le parasol. Auxquels j'enlève 3 jours sans plage pour calmer mes coups de soleil, mais que finalement j'annule parce que je les remplace par 3 jours de weekend pré ou post-congés payés. Tout le monde suit ? Alors je divise 190, le prix du maillot, par 14, le nombre de jours de plage effectifs. Et j'obtiens le coût du maillot par jour de plage, soit 13,57 euros. Ça fait cher le Bronzette ! D'autant que pour cette somme somme-toute rondelette, je peux m'offrir, chaque jour, la somme faramineuse de 4,5238 beignets géants hyper gras et over sucrés servis par le vendeur ultra-musclé hypra-bronzé et méga-canon de MA plage.

vendredi 9 mai 2008

Chaussuresmania


En attendant mon prochain dessin, pas encore terminé, un micro-billet pour vous signaler que vous pouvez-voir les chaussures Gap dont je parlais la semaine dernière "in vivo" (pour emprunter un terme cher aux chercheurs spécialisés dans l'étude comportementale de la sandale à plateforme), sur Café Mode.

Il suffit d'aller sur le site (il y a un lien dans ma blogothèque) et de regarder les photos publiées le 7 mai ou, pour un accès direct, de cliquer .
Elles sont top non ?
Bon, OK, leur jolie propriétaire n'a pas l'air super à l'aise, on a même l'impression que ses orteils cherchent s'échapper de la chaussure. Mais je la trouve quand même super stylée.
De toute façon, je les ai pas achetées.
...
Soupir.

lundi 5 mai 2008

La vielle dame au doudou

Il est pas chouette, ce doudou en torchon ? La dame qui l'a fabriqué, c'est Louise Bourgeois, artiste, 96 ans. J'aurais tout aussi bien pu dessiner un pénis en bronze, une forêt de seins en marbre ou des excréments en cuir, plus représentatifs du sympathique créneau de travail de Louise ! Mais sur ce blog, ça cause plutôt chiffon. Alors j'ai pensé qu'un doudou serait plus raccord (et puis si ma mère venait à traîner sur ce site, elle pourrait bien me supprimer mon abonnement à Elle par mesure de répression, on ne sait jamais...)

J'ai donc choisi un doudou qui, d'ailleurs, n'en n'est pas un : la douceur, c'est pas son truc à Louise. Il s'agit plutôt d'une sorte de poupée naïve, symbole du repli sur soi et de la solitude.


Quand je suis allée voir l'exposition de Louise Bourgeois au Centre Pompidou, je me suis dit que je ne vous en parlerai pas.
Parce que l'art contemporain, quand on le raconte, c'est super pénible, ça fait fuir tout le monde, moi la première.

D'autant plus que cette expo a démarré le 5 mars. En parler avant, c'était intéressant, en parler à l'ouverture, c'était cool, mais en parler avec deux mois de retard, ça sent grave le billet moisi.
Et puis je peux bien me la péter avec Louise Bourgeois : de toute façon, je la confonds toujours avec Annette Messager !


Mais bon, cette expo, elle est quand même top. Moi qui n'aimais ni l'univers triste et torturé, ni les scultures, ni les installations, ni les peintures de la vieille dame (je ne les avais jamais vues "en vrai", seulement dans les livres d'art ou à la TV), j'ai adoré. Je suis fascinée par l'audace, l'impudeur, l'intelligence et la liberté de Louise Bourgeois. L'adjectif qui lui correspond le mieux, c'est "malicieuse". Pour s'en convaincre, il suffit de jeter un oeil au portrait de Robert Mapplethorpe : du haut de ses 57 ans (la prise de vue date de 1968), la vieille dame se montre visiblement ravie de porter sa sculpture, un superbe pénis géant sous son bras.
Bon, j'arrête là avec mon expo.
La prochaine fois, promis, je parlerai chiffon !